Qu’est-ce que la Sophro-analyse ?
"Faites ce que vous pouvez avec ce que vous avez, là où vous êtes" Théodore Roosevelt
"Le grand but de la vie n'est pas le savoir mais l'action"
Thomas Huxley
"La parfaite santé et le plein réveil sont en réalité la même chose"
Thartang Tulku
"Il n'y a qu'une seule réussite : parvenir à vivre sa vie comme on l'entend"
Christopher Morley
"Il n'y a de bonheur que celui que l'on fait soi-même"
André Gide
Tout d’abord laissez moi vous donner quelques définitions.
Historique et définition de la sophrologie.
Le terme sophrologie vient du grec :
-SOS : sérénité
-PHREN : cerveau, conscience
-LOGOS : langage, science
PHREN signifie aussi le diaphragme, grand muscle de la respiration, siège des sentiments, de l'attention, de la pensée, de la conscience pour les Grecs de l’Antiquité.
Vers 1960, le docteur Alphonse CAYCEDO, neuropsychiatre colombien fit un séjour en Extrême Orient. Il y rencontra l’évidence incontournable, pour lui, que l'équilibre d'un individu passe avant tout par la prise de conscience de son schéma corporel.
A son retour en Europe, il expose les principes de la sophrologie en 1967 à Paris.
1971 Création du centre de sophrologie de Paris qui va devenir l'Ecole Française de sophrologie
1972 Caycedo est reçu à la Salpétrière pour une réception solennelle
1977 Naissance du Collège International de Sophrologie Médicale
1988 Issue de l'Ecole Française, naissance de la Faculté de Sophrologie de Paris, érigée en 1992 en Faculté Européenne de Sophrologie (Paris Sorbonne)
La sophrologie est une science qui s'applique :
à l'étude de la conscience humaine
à la modification des états de conscience
à la modification des états de vigilance
aux moyens de produire ces modifications
Cet art, fondé sur les techniques de relaxation profonde – un ensemble nommé « sophronisation » - vise à amener l'individu à mieux se connaître, à se responsabiliser, afin de prendre en main la conduite de sa propre totalité psychosomatique :
par le vécu de sa propre conscience
par la maîtrise des moyens qui permettent d'en gérer le contenu, les états, les niveaux de vigilance par le contrôle qu'il opère sur son propre psychisme et sur son propre corps, de la façon la moins directive possible.
C'est aussi une philosophie de l'existence dont le but essentiel est la recherche d'un équilibre de l'individualité et une thérapie efficace pour lutter contre "les maladies de civilisation" si fréquentes, telles que l'angoisse, le stress, la déprime, l'agressivité, les maladies psychosomatiques…
Les différentes techniques Lors d’une séance de sophrologie, on peut utiliser le Training Autogène de SCHULTZ (technique de relaxation conçue par Johannes Heinrich Schultz, psychiatre allemand), une approche de relaxation élaborée au début du siècle, mais révélée seulement en 1932. Cette méthode auto-suggestive et auto-concentrative agit par une déconnexion générale de l'organisme en six stades :
Intervient aussi la Relaxation Dynamique de Jacobson : cette méthode, partie intégrante de la sophrologie, suggère deux pôles apparemment antinomiques, rapprochés par l'appellation paradoxale de relaxation dynamique :
Relaxation signifiant la détente, le relâchement, le repos.
Dynamique suggérant l'action, l'énergie qui la sous tend.
La Relaxation Dynamique, méthodologie qui a pour but de (re)créer un espace intérieur par l'esprit, permet de découvrir que le corps est « vivant », voire en grande partie autonome, et mû bien souvent par l’inconscient.
Ce que propose la Relaxation Dynamique :
v prise de conscience de tout le corps grâce à la respiration et à la concentration.
v déblocage musculaire progressif par la prise de conscience de son schéma corporel et de son environnement permet de relier les représentations du corps avec le vécu réel que nous en avons.
v prise de conscience de l'espace intérieur, résonance propre du corps vivant où le schéma corporel s'affine, s'enrichit de perceptions sensibles au fur et à mesure de l'entraînement.
v découverte de notre capital bioénergétique, le corps devient un outil et non plus un fardeau.
v découverte d'une "assise de l'être" au niveau du Hara, base de l'équilibre, centre de gravité du corps présence d'un corps dans la conscience.
LA NOUVELLE SOPHROLOGIE
ORIGINE DE LA NOUVELLE SOPHROLOGIE
On doit au docteur Claude IMBERT, sophro-analyste, cette approche nouvelle et élargie de la sophrologie.
La sophrologie traditionnelle a été pour les occidentaux un moyen, un outil, notamment par un travail sur la relaxation musculaire, d'acquérir une meilleure maîtrise de soi.
L'être humain, arrivé aujourd'hui a un point charnière de son évolution, a besoin d'outils de connaissance de soi et de transformation lui permettant de réaliser son alchimie intérieure en utilisant de nouveaux canaux s'harmonisant et amplifiant la vibration du monde extérieur. La Nouvelle Sophrologie, loin de s'opposer aux précédentes thérapies, les intègre comme base, en les associant, pour atteindre, dans la rapidité, l'efficacité et l'éthique, son objectif essentiel : amener chacun au départ d'une nouvelle vie vécue dans sa véritable dimension de liberté.
Claude Imbert a compris que la thérapie est un moyen et non une finalité. Il lui a paru donc essentiel qu'elle puisse être la plus courte possible pour apporter des techniques, des informations et des connaissances nouvelles, à la fois source d'épuration des tensions du passé et fondement d'un autre savoir être.
Avec la Nouvelle Sophrologie, la détente est envisagée seulement comme moyen d'accès aux plans subconscient/ inconscient, dans le but permanent de créer un dialogue interactif avec eux.
Elle privilégie l'utilisation de la musique et des couleurs élevant efficacement le niveau vibratoire du corps et du mental. Elle laisse une très large place à la Visualisation, à la création d'images mentales, dont la puissance et l'efficacité globale ne sont plus à démontrer.
Pour optimiser ses potentialités, éclairer et libérer les blocages du passé et du présent, une personne doit, bien sûr, accéder à la maîtrise du stress, des émotions, et doit apprendre à construire un futur de réussite.
Mais comment réaliser ce que l'on ne peut imaginer ?
" Là où il n'y a pas de vision, les hommes périssent"
Bible, Proverbe 29-18
" Que l'important soit dans ton regard, non dans la chose regardée"
André Gide
" Les idées ne sont pas faites pour être pensées, mais pour être vécues"
Malraux
L'originalité de cette méthode est représentée par l'apport synergique de techniques complémentaires d'exploration, d'analyse et de transformation du psychisme humain, éclairant mutuellement les limites de leurs zones d'ombre, et permettant, dans un délai moyen de six mois à un an, d'atteindre l'objectif de libération intérieure, grâce à l'utilisation croissante du potentiel énergétique, cérébral et corporel.
Ainsi l'intégration de la PNL,( Programmation Neurolinguistique), de l'Analyse Transactionnelle en état de conscience élargie procuré par la sophrologie (mise au point récemment par Eric BERNE, psychiatre, durant les années 60, sur la côte ouest des Etats Unis) permet de faire un bilan précis sur l'état et les besoins de la personnalité, et de proposer des solutions efficaces avec un programme de changement rapide.
La PNL donne connaissance du psychisme avec des mots simples ; permet une meilleure communication avec l'autre: on va entrer dans le système de représentation du monde de l'autre, être en synchronisation pour un contact étroit avec les niveaux conscients et inconscients de l'interlocuteur afin de lui montrer qu'il est reconnu, d'une façon verbale et non verbale (posture, gestes, voix, respiration). l'Analyse Transactionnelle est la compréhension des comportements humains dans le contexte social, avec pour but une guérison rapide. L'Analyse Transactionnelle est donc une intervention sur les pensées, les émotions et les comportements.
Ces deux techniques ont une part très importante dans la Nouvelle Sophrologie.
En fonction de la demande, on travaillera sur le plan comportemental ou on abordera une dimension analytique.
Dans ce deuxième cas, la Nouvelle Sophrologie peut réaliser un changement plus profond et définitif avec « l'Analyse Re - décisionnelle en Visualisation » qui permet de faire un voyage à l'intérieur de son enfance et de sa vie, pour ne plus en subir inconsciemment les conséquences, et marcher vers la réussite et la santé.
En effet, lors d’une relaxation profonde, guidée en « Visualisation profonde », il est possible de se revoir, de « retourner visiter » des événements précis, au vécu resté difficile dans la mémoire, et dont la réalité fut comme oubliée du conscient. Pour cela, la personne est aidée par la suggestion émotionnelle de la musique, pour revivre et transformer des scènes du passé en revenant dans son corps à cet âge précis, adolescent, enfant ou plus loin encore dans la vie intra-utérine.
Voici une idée du Processus thérapeutique en sophro-analyse :
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Relaxation Alpha - Visualisation
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Analyse Transactionnelle
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P.N.L.
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Bio-énergie
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Psycho-généalogie
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VIU * Naissance
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Enfance Adolescence
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Redécision du scénario personnel pour changer son interprétation
*VIU= vie intra utérine
Si une personne présente un mal être ou une maladie qui porte sur un manque d’amour ou des peurs, des angoisses ou qui a un sentiment de rejet, qui vit un état dépressif ou des échecs répétitifs professionnels ou / et affectifs, des problèmes relationnels ou un manque de confiance, un sentiment de culpabilité, qui a des difficultés à trouver un sens à sa vie ou qui a vécu un deuil; qui présente certains symptômes ou des maladies déjà ancrées telles que: cancer, maladie de crown, maladies auto-immunes, thyroïdite, diabète, asthme, HIV, HTA, stérilité… Je propose après un premier entretien, un programme thérapeutique en présentant les conditions d’efficacité de la thérapie de la vie intra-utérine et de la naissance.
- Dans un premier temps je vais faire un bilan un premier bilan qui va me permettre de savoir où en est la personne à ce moment là de son histoire et de quoi elle a besoin.
- Si cette personne n’a jamais fait de sophrologie, je commencerai par quelques séances de Nouvelle Sophrologie comportementale avec les ancrages de base (geste, mot, image, protection de lumière) afin de lui donner les moyens de gérer son stress et d’aborder l’état de relaxation pour « briser les murs », de revivre les souffrances et de libérer son corps. Ensuite, j’aborderai une séance sur la rencontre de l’enfant intérieur et sur ses besoins: pour lui permettre de revivre certaines étapes émotionnelles de son enfance avec un autre regard: celui de l’adulte aujourd’hui.
- Et après lui avoir expliqué que ce qui se joue dans l’enfance est souvent vécu et mis en place in-utéro, que ces empreintes restent latentes et peuvent se réactiver au fil du temps en provoquant différents traumatismes, je vais donc lui proposer « d’aller regarder » dans sa vie intra-utérine en retrouvant l’émotion et la mémoire du moment en question, afin de comprendre et de se libérer de ses croyances, émotions… mises en place in- utéro et d’y mettre un nouveau regard.
- Dans le cas d’un mal de vivre, d’inhibition, de sentiment de rejet, de tendances suicidaires, d’auto-dépréciation, de négativité, de culpabilité… une part de travail de la personne consistera pour elle à apprendre à rendre aux « autres » leurs sentiments, leurs pensées… et qu’elle ait un nouveau regard sur elle-même.
Il m’est arrivé d’avoir des personnes qui n’avaient aucune information sur « la mémoire » anténatale ou sur la thérapie que je leur proposais et qui montraient même un certain scepticisme à ce sujet. Dans ce cas, j’explique à ces personnes que cela n’a pas d’importance. Si elles sont prêtes à l’entendre, je leur explique comment elles peuvent redécouvrir ces informations et comment, pour moins souffrir, elles ont mis en place un processus biochimique au niveau du cerveau ( des agents analgésiques naturels), un refoulement d’émotions qui les mènent inconsciemment à leur mal-être, voire à la maladie et qu’en recherchant les racines des souffrances émotionnelles de leur enfance, cette mémoire va se réactiver par la mise en état de relaxation et d’ouverture de conscience, afin de les aider à guérir, de se libérer et d’avoir une nouvelle compréhension. Si ces personnes sont complètement « fermées » à ce genre de thérapie, je leur propose d’aller consulter un autre thérapeute, en leur expliquant que peut-être elles ne sont pas prêtes pour ce style de thérapie.
POURQUOI AUJOURD’HUI J’UTILISE LE TERME DE BEAUTE-THERAPIE ?
La Beauté-Thérapie: un trait d'union entre le corps et l'esprit.
Y a-t-il un lien entre la beauté extérieure et la beauté intérieure ?
Quels sont les outils mis à notre disposition ?
Comment les utiliser ? A quel moment ? Pourquoi ?
Le corps ne se révèle pas seulement comme un ensemble de composants et d'éléments organiques. Il est aussi un vecteur social, psychologique, culturel, religieux, émotionnel.
Dans notre vie quotidienne, dans ses rapports de production ou d'échanges, il est un moyen de communication, par l'usage d'un certain nombre de signes liés au langage, aux gestes, aux vêtements, aux institutions, aux perceptions… que nous avons de la réalité.
L'Homme a toujours été à la fois le corps qui pense et le corps qu'il pense, le corps qu'il est et le corps qu'il a : le corps pourrait avoir une histoire autre que celle que l'histoire lui impose.
Comme le dit si bien Anne Ancelin Schützenberger (« Aïe mes aïeux ! » –13ème édition, revue et augmentée, Ed. Desclée de Brouwer/ La Méridienne 1998) :
« A sa naissance et même déjà in- utéro, l'enfant, la personne, reçoit un certain nombre de messages : on lui transmet un nom de famille et un prénom, une attente quant aux rôles qu'il aura à tenir ou à éviter. Ceci peut être positif et/ou négatif. On projette sur lui par exemple qu'il est "tout le portrait du grand-oncle Jules" et on pense donc qu'il sera explorateur, aventurier "mauvais sujet" comme lui, et/ou on en fera un bouc émissaire, on va lui faire endosser l'habit d'un mort qu'il va remplacer. Comme les fées autour du berceau de la Belle au Bois Dormant, on va dire et donc prédire des choses, des injonctions, des scénarii, un avenir, dire des choses ou les taire dans un non-dit secret et pesant : ce qui va "les programmer".
Ensuite la famille, l'entourage, va engrammer ce programme dans la psyché de l'enfant ; donc la vie et la mort, le mariage et le célibat, la profession ou la vocation, l'avenir seront ainsi fonction de l'ensemble du contexte familial dit et non dit."
A ce propos Jung ajoute (« L'homme à la découverte de son âme » - Ed. Albin Michel 1989) :
"Nous avons parcouru toutes les étapes de l'échelle animale ; notre corps en porte de nombreuses survivances : l'embryon humain présente, par exemple, encore des branchies ; nous avons toute une série d'organes qui ne sont que des souvenirs ancestraux ; nous sommes dans notre plan d'organisation, segmentés comme des vers, dont nous possédons aussi le système nerveux sympathique.
Aussi nous traînons en nous, dans la structure de notre corps et de notre système nerveux, toute notre histoire généalogique : cela est vrai aussi pour notre âme qui révèle également les traces de son passé et de son devenir ancestral. Théoriquement, nous pourrions reconstruire l'histoire de l'humanité en partant de notre complexion psychique, car tout ce qui existe une fois est encore présent et vivace en nous."
Chez les Grecs, avoir un beau corps, un corps sain, relevait avant tout d'une profonde sérénité en parfaite correspondance avec l'harmonie de l'univers. C'est pourquoi le culte du corps fut rapidement lié à une activité religieuse. C'est par lui que les hommes ressemblaient aux Dieux et par Eux qu'ils pouvaient le protéger.
Ainsi un beau corps résulte-t-il avant toute chose, d'un équilibre interne de la passion et de la raison.
"Il y a dans la philosophie gréco-romaine de la vie une affirmation d'indépendance du moi par rapport au monde, par rapport à tous les problèmes qu'elle pose. Paradoxalement, la maladie, la santé servent d'images pour expliquer les anomalies du comportement humain".
Florence Braunstein et Jean-François Pépin (« La place du corps dans la culture occidentale », Ed. Puf 1999)
J'aime citer cette phrase de Marcel Proust :
"La vraie découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à changer de regard"
La Beauté-Thérapie est toute résumée dans cette phrase : être à l'écoute de tout ce qui peut amener à la fois à détendre le corps et l'esprit d’une personne, et qui va aider à entretenir ou à développer sa beauté.
Dans son développement, la sophrologie permet à chacun de rechercher ce qui est beau pour lui, ce qui lui apparaît comme beau. Il s'agit d'une valeur fondamentale génératrice de choix, de projet et d'harmonie.
La recherche de l'harmonie du corps et de l'esprit, chère aux sophrologues, n'exprime-t-elle pas déjà une certaine recherche esthétique ? La présence de l'esthétique à l'intérieur de la conscience s'impose comme force équilibrante de l'être. Les soins esthétiques (ou soins de beauté) concernent les moyens mis en œuvre pour maintenir ou améliorer l'apparence physique.
Le plus important me semble être que la personne vienne chez moi pour vivre un moment essentiel pour elle : ainsi, se faire masser par exemple, lui permet de prendre conscience de ses tensions. Si elle vient me voir, c'est qu'elle a envie d'aller mieux. Mon travail consiste alors à l'aider à se reconnecter avec son corps, avec le Toucher.
La Beauté- thérapie, c'est apprendre à une personne à prendre du temps pour elle, à s'octroyer un budget "parce qu'elle le vaut bien !" C'est se donner de l'amour à elle-même, pour son corps, pour son cadre de vie ; c'est avoir de la reconnaissance pour elle, pour son corps… le droit de s'occuper d'elle, le droit de recevoir ce qui est bon pour elle, pour son corps. C’est redécouvrir le droit de se faire plaisir, c’est se mettre en valeur, se prouver sa valeur, se réconcilier avec sa féminité pour une femme ou sa masculinité pour un homme.
« le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à changer de regard »
Marcel Proust
Combien de femmes et de plus en plus d’hommes que j’accueille dans mon cabinet, se sentent en « état de guerre », en conflit avec eux-mêmes ? Combien cachent leur douleur derrière un sourire de façade et un entrain forcé ? Et comment en serait-il autrement quand ils se sentent tenus par les injonctions du marché : les femmes doivent être jeunes et belles – selon les canons actuels, s’entend, - et les hommes doivent être forts et beaux. Hors ces normes, point de salut !
Pour toutes celles et ceux qui ont effectivement trouvé le produit qui leur évite certains désagréments cutanés, ou la technique qui arrange une malformation du visage, combien dans le même temps, par consentement aveugle ou conformisme ambiant, se lancent dans une quête illusoire ? Pour eux, l’important est de se sentir en phase avec notre société d’apparence et de marché : il convient d’être conforme au modèle.
Mon cabinet accueille toutes celles et tous ceux qui ne jouent plus ce jeu, et qui se sentent comme menacés, alourdis, à la fois par leur propres complexes, et aussi par la stigmatisation rampante : un peu comme si, entre les diktats esthétiques et les recommandations médicales était apparu l’impératif de beauté comme un des nombreux devoirs du citoyen moderne.
La beauté est partout et vient de partout.
Selon ce que nous considérons comme essentiel ou accessoire, nous pourrons donner nous-mêmes notre propre définition de la beauté. Et nous dépassons là le simple cadre de « l’éclat du corps ».
L’amour ou la compassion sont beautés par le rayonnement qu’elles apportent au visage d’un être, à l’inverse de la malveillance ou de la rancune. La beauté vraie n’est donc que l’expression d’une intériorité lorsque la personne exprime les vraies valeurs humaines que nous portons tous en nous.
Ou du moins est-ce là ce que je crois.
Plus une personne est en adéquation avec sa beauté intérieure, ses valeurs, sa propre nature, plus cette beauté s’exprimera, voire « s imprimera » sur son corps. Celle-là exprimera alors la beauté, sa propre beauté à nulle autre comparable, et bien au-delà des « canons » de l’époque ou des projections que tentent d’imposer les médias et l’air du temps.
Je met souvent en garde mes visiteurs dans leur recherche, parfois éperdue, de la beauté. Poussée à l’extrême, cette fuite en avant mène parfois à l’horreur. Notre monde glorifie le corps bien plus que l’âme, l’avoir que l’être .Mais que vivons-nous de notre réalité lorsque nous n’en percevons que la belle apparence ? Beauté ou authenticité ? N’oublions pas que ces deux qualités se trouvent fréquemment en conflit.
Il est dans la nature de la beauté de ne s’intéresser qu’à elle-même. L’authenticité ne s’attache pas qu’à elle-même, son but est aussi de créer à l’extérieur un lien sincère et une communication claire avec les autres. La beauté repose sur la forme ;l’authenticité exprime le fond, uniquement. Quand l’une s’adresse aux sens, l’autre parle à l’âme. Une nuance à bien comprendre et qui devrait nous inciter à aspirer à la beauté intérieure. Sans éclat et le plaisir du corps, nous ne pourrions vivre totalement en ce monde. Mais sans vie intérieure, nous ne sommes que des mannequins désarticulés.
La vérité se trouve dans l’équilibre, mais avant de l’atteindre, nous devons nous réconcilier avec notre corps.
Pas évident me direz-vous car notre société judéo-chrétienne à longtemps tenu le corps en retrait. Puis l’éducation, le contexte social et familial « formatent » l’enfant dans son rapport à son corps. Et quand vient l’âge adulte, la personne se trouve confrontée aux injonctions sociales de la « beauté », de la « forme », ans avoir jamais passé l’étape de la découverte calme et sereine de son propre corps, de ses qualités, de ses capacités, de son fonctionnement personnel….Nous nous retrouvons un jour à devoir vivre notre corporalité, unique pour chacun, alors qu’on nous impose des images d’autres corps en nous disant que c’est ainsi que doit être un corps et que nous devons leur ressembler.
Quel fatras dans la tête !!
Je reçois nombres de personnes qui ont une demande plus ou moins claire : « je voudrais aller mieux- je m’sens pas belle- j’en ai assez de souffrir sans savoir pourquoi… »
Derrière ces suppliques, je sens qu’il y a (presque !) toujours une recherche de sens, ce qui aurait très bien pu être formulé ainsi : « je ne trouve pas de sens à ma vie »…
Ne croyez pas que j’exagère,( je suis bien sûre qu’en ce moment certains qui lisent ces lignes se reconnaissent ! ).
Nombre d’entre nous sommes très forts pour nous cacher à nous-mêmes les vraies questions que nous désirerions nous poser mais auxquelles nous avons peur de nous confronter. Quoi de plus simple alors que de mettre en place une stratégie d’évitement et de nous concentrer sur l’apparence, sur ce qui se voit, sur ce sur quoi nous pensons pouvoir intervenir.
Il m’arrive régulièrement d’amener une personne à se questionner sur elle-même : non pas sur ses qualités physiques, mais bien sur ses propres talents .Le rapport avec la beauté semble alors s’éloigner, du moins c’est ce qu’elle pense. Pourtant, en menant ce type de dialogue avec mes clients(es), je ne fais rien d’autre que de les aider à trouver leur propre beauté. Car trouver ce pour quoi nous sommes fait, et ainsi donner un sens à notre vie, j’irais plus loin : voir que notre vie à du sens, demande aussi et surtout une bonne estime de soi-même pour oser mettre des mots sur ses aspirations profondes, affirmer ses valeurs, s’appuyer sur ses propres convictions. Et ce n’est en rien facile pour une personne qui se sent décalée physiquement, ou complexée et mal dans sa peau. Car donner un sens à sa vie, c’est prendre des décisions, faire des choix, renoncer à beaucoup d’habitudes confortables pour aller vers d’autres peut-être moins confortables, assumer de nouvelles responsabilités afin de maîtriser un tant soit peu les évènements de notre vie…Ce n’est pas de devenir beau qui est difficile, c’est de comprendre que nous le sommes déjà, mais d’une autre manière que par la simple apparence.
